Gyeongju

Gyeongju était l’une des villes les plus touristiques de Corée. Elle était l’ancienne capitale du royaume Silla et un certain nombre de sites archéologiques ont été trouvés et conservés dans la zone. La ville est parfois considérée comme un musée à ciel ouvert. Il faut toutefois garder en tête que les Coréens sont très chauvins et certains sites ou vestiges, bien qu’effectivement très intéressants, était un peu surcôtés à mon goût…

Je suis arrivé en début d’après midi, après un trajet de plus de 2 heures, avec un changement à Daegu. D’ailleurs, ça me faisait tout drôle de faire des étapes en train (ou en bus) relativement court. Après le transsibérien et les étapes de 7 – 10 heures en Chine, les trajets de moins de 3 heures me semblaient très courts et il arrivait fréquemment que je me dise “déjà ?” en arrivant. J’avais galéré pour trouver un distributeur. J’avais trouvé deux banques pas très loin de la gare mais leurs distributeurs n’acceptaient que les CB locales ou Union Pay. Finalement, je suis retourné à la gare et j’ai demandé à un office de tourisme. Ils m’ont indiqué le “KEG”, dans l’avenue en face de la gare. Je l’avais vu mais je n’avais pas compris que c’était une banque. Bref, j’ai pu tirer mes espèces mais une mauvaise surprise m’attendait : la commission a été de 8 700 W soit plus de 6,50 € ! La plus élevée que j’avais eu. Évidemment, quelques dizaines de minutes plus tard, j’avais trouvé un autre distributeur dans une supérette avec une commission moins élevée…

J’avais un peu de temps avant de rejoindre mon auberge de jeunesse, qui était à quelques centaines de mètres au nord de la gare, je suis donc allé vers le centre ville et j’ai visité une grosse partie de la zone des tombes. La ville avait toute une zone de tumulus des anciens rois (et reines) Silla. L’accès à certains étaient payants, d’autres non. Les tumulus consistaient à d’immenses monticules en terre recouverts d’herbe. On ne pouvait y pénétrer mais on pouvait marcher entre les collines miniatures (dessus aussi si on était joueur) et même y pique niquer !. Les tombes au nord  étaient séparées par une rue très commerçante avec une espèce de zone à stands au sud. Dans le même temps, j’avais fait un petit arrêt dans une supérette où on pouvait se restaurer dans un espace dédié. J’étais en train de manger lorsque j’ai été abordé par une vieille en coréen. Non, ce n’était pas une Ajumma. Lorsqu’elle a compris que j’étais Français, on a discuté en anglais et elle me confia qu’elle aimait bien Paris. Elle m’a tenu la grappe une dizaine de minutes (je n’ai jamais su pourquoi elle était venue me voir en 1er lieu…) et m’a offert un bracelet de perles en plastiques avec 5 plus grosses de couleurs différentes. Elle m’a expliqué que chaque couleur était associée à différentes choses. La perle verte était pour l’équilibre (spirituel, hein, ce n’était pas pour éviter de tomber), la blanche pour la sagesse, la rouge pour une longue vie, la noire pour la santé et la jaune pour je ne sais plus. Pas taper : je ne notais pas tout immédiatement sur mon carnet.

 

L’auberge était situé au nord du centre ville, à proximité de la rivière Bukcheon qui se jetait dans la rivière Hyeingsan un peu plus loin. Il y avait des casiers payants dans le hall d’entrée et les chambres étaient réparties sur plusieurs étages avec une pièce commune à chaque palier. Petite anecdote : les trois nuits coûtaient 40800 W. Je n’avais pas l’appoint donc j’ai donné 50 000 W. Le gars de l’accueil n’a pas voulu s’embêter à me rendre la monnaie donc il m’a fait le tout pour 40 000 W. Bon, ça faisait une réduction de même pas 0,70 €.  La cuisine occupait le dernier étage  et le petit déjeuner était compris (classique pour le coup : céréale, toast, confiture, lait, thé, café). Elle ressemblait à une cafétéria avec les tables séparées et des comptoirs sur les côtés. On avait une vue très dégagée sur la ville. Il y avait également une petite terrasse pour fumer.

 

J’étais dans un dortoir de 8 lits. Le 1er soir, j’étais avec 4 garçons d’une petite vingtaine d’années avec qui je n’ai pas du tout discuté. Ils étaient à priori en déplacement scolaire et ils faisaient leur soirée dans leur coin. Le second soir, ils ont été remplacé par un Taiwanais (je dirais Marcel), une Singapourienne (qui s’appellera Lola) et un Coréen (qui aura droit à Jules). Marcel venait de passer un an au Japon en tant que personnel d’entretien, Lola et Jules avaient quant à eux passé un an en Australie en PVT. Ils étaient arrivés relativement tard et j’étais avec mon casque à faire le point dans mes notes et mes sauvegardes de photos donc je n’ai pas discuté avec eux. En plus, je leur avais dit bonjour en coréen donc ils me prenaient pour un local dans sa bulle et ils n’avaient pas osé me déranger. Le lendemain, je les avait entendu parler anglais donc je leur avais demandé d’où ils venaient. Au début, j’avais fait la même erreur qu’eux et je les avais pris pour des Coréens. Le soir, ils sont venus me chercher dans la chambre pour me proposer de manger avec eux. Ils avaient fait quelques courses et avaient tout préparé dans la pièce commune de l’étage. Ils étaient relativement déçu de l’auberge car l’ambiance ne faisait vraiment pas auberge mais plutôt hôtel familiale. Tout comme moi, ils n’avaient rencontrés personne dans la salle/cuisine commune au dernier étage.  J’étais du même avis qu’eux, on y trouvait pas du tout l’esprit d’une auberge de jeunesse. J’avais vu du “monde” le matin au petit déjeuner (oui, j’avais pris un petit déjeuner !), il n’y avait que des familles avec des mômes.  Donc quand ils ont appris que j’étais Français, ils ont saisis l’occasion. Ils avaient fait du poulet frit, des tranches de porc grillés et plusieurs types de nouilles, sans oublier les soju. Marcel avait prévu d’aller en Europe, notamment en France. Je lui avait donc fait un petit topo dessus. Il était aussi intéressé par la bière et il pensait à  l’Allemagne pour en avoir un bon aperçu. Je lui ai plutôt conseillé la Belgique, la bière allemande étant ce qu’elle est… Jules et Lola parlaient très bien anglais mais ils me disaient qu’ils avaient eu beaucoup de mal avec l’accent australien. Jules m’a également donné pas mal de conseils pour la suite de mon voyage en Corée et j’ai encore changé une partie de mon itinéraire suite à ses paroles. On était resté en contact messenger et il me donnait régulièrement des conseils et des adresses suivant les endroits où j’étais.

Je suis resté deux journées complètes plus l’après midi de mon arrivée. J’ai eu un bon aperçu de la ville mais j’ai profité également des parcs nationaux autour de la ville. Mine de rien, j’avais fait beaucoup de visites urbaines mais peu dans les montagnes ou les forêts. Mon casque commençait à montrer de très signes de fatigue : recharge très difficile, coussins des écouteurs qui s’effilochaient et le son qui tenait moyennement le coup. J’ai donc acheté d’autres écouteurs, toujours en bluetooth mais en intra auriculaire. Avec une autonomie de 20 heures, c’était correct. Par contre, je ne m’explique pas pourquoi je ne m’étais pas débarrassé de l’ancien casque : à moitié en ruine, encombrant et lourd, je ne m’en servait plus après donc j’aurais très bien pu le jeter. Je ne sais plus, je devais avoir une bonne raison à ce moment là mais je ne l’avais pas noté… En quittant l’auberge, le mec de l’accueil n’était pas là et avait laissé un mot demandé de laisser les clefs dans un petit panier en partant. La confiance régnait !

Les tombes du royaume Silla.

La ville avait beaucoup de tumulus des anciens rois, reines et membres de la noblesse de l’ancien royaume. Ces tombes recouvertes de pelouses formaient des petites collines artificielles au sud du centre ville. Etonnant et impressionnant la 1ère fois qu’on en voit, au bout de la vingtième on est un peu blasé : “tiens, encore un tumulus !”. Certaines zones étaient libres d’accès, d’autres étaient payantes. Les tombes Noseori et Nodongri étaient libres. La partie Daereungwon plus au sud était en revanche payante à 2 000 W. Après vérification, les tarifs étaient 3 000 W pour les adultes, 2 000 W pour les adolescents et 1 000 W pour les enfants. Ils m’avaient pris pour un ado ie moins de 18 ans… L’ensemble était aménagé comme un parc avec des étangs et des arbres. Avec le printemps, le cadre était très beau. Il y avait qu’une seule tombe que l’on pouvait véritablement visiter : la tombe Cheonmachong. Un accès avait été aménagé à l’intérieur et on pouvait voir la structure immense du tumulus de l’intérieur, le cercueil du roi ainsi que de nombreuses reliques dont des bijoux. Il me semble que la tombe du roi Michu se visitait aussi mais son accès était entouré d’une petite muraille et une porte en gardait l’accès. Il m’a fallu plus d’une demi heure pour pouvoir la prendre en photo. C’était un samedi, il y avait beaucoup de monde et je patientais pour prendre mes clichés avec le minimum de personnes. Là, ils étaient très nombreux à se prendre en selfie mais avec le mur en arrière plan plutôt que la porte. Je trouvais ça un peu curieux, la porte était plus intéressante comme fond. Il y avait deux jeunes filles en particulier qui étaient juste hallucinantes : elles se sont prises des dizaines de fois avec des poses plus ou moins différentes (tu n’as pas beaucoup de choix de positions dos à un mur…) avec leur téléphone mais également avec leur appareil photo compact ! Je n’ai pas compris.

L’observatoire Cheomseongdae.

Il est le plus ancien observatoire d’Asie encore debout. Datant du VIIème siècle, il a été remarquablement (et étonnamment) conservé. Il est constitué de 362 pierres correspondantes aux nombres de jours en une année du calendrier lunaire. A part son aspect historique, il n’y avait pas grand chose à voir. Il était sur une place, entouré de barrières qu’on ne pouvait franchir. Un peu comme la Tour de Pise. A proximité, il y avait une sorte de jardin avec un labyrinthe de colzas et des massifs de tulipes. Il était assez intéressant de voir tous les gens dans le labyrinthe à se prendre en selfie avec le colza. De loin, ça faisait un spectacle assez curieux avec des dizaines de personnes accroupies avec leur tête à hauteur des fleurs. Un peu comme à la Tour de Pise avec des dizaines de personnes faisant semblant de tenir la Tour…

 

Les parcs nationaux

Gyeongju était entourée de montagnes et d’un parc national divisé en huit divisions plus ou moins proches de la ville. La deuxième journée, je suis allé au sud, au district Namsam, à pied depuis l’auberge. Il y avait un départ de randonnée à peine une heure de marche, à la pointe nord. En chemin, j’ai traversé une zone de fouille (alors, d’après maps.me, le nom serait : gyeongjuyeogsayujeog wolseongjigu, hum).  Au sud, j’ai ensuite traversé un quartier plus populaire avec des rues étroites et des champs. Il y avait un temple habité au départ de la randonnée, j’y ai jeté ou coup d’œil mais je ne voulais pas trop déranger les habitants donc je n’avais pas trop traîné. La randonnée était agréable et très facile dans l’ensemble. Comme je l’ai expliqué dans la partie Séoul, les Coréens sont friands des randonnées et les chemins sont très (trop) bien aménagés avec des passages recouverts de tapis de cordes amortissant. Idem pour les escaliers qui n’étaient pas vraiment raides dans l’ensemble.  C’était toujours un peu amusant de voir les Coréens équipés comme pour un GR 20 sur plusieurs jours. Je m’attendais à beaucoup de monde mais ce n’était pas surchargé. Petit détail : je n’avais pas dit plus de six mots dans toute la journée. De temps, il y avait un panneau avec un plan des chemins ainsi que de leur degré de difficulté. Pour donner un ordre d’idée, il y avait trois niveaux :  intermédiaire, avancé et expert. En comparaison avec la Chine : intermédiaire = débutant – très facile, avancé = débutant – facile et expert  = intermédiaire – moyennement dur.

plan des randonnées avec leur niveau

En quelques heures majoritairement dans les sous bois, j’avais atteint les deux sommets les plus hauts (attention : 468 mètres et 494 mètres d’altitude !) ainsi qu’une mini pagode dans une petite vallée. Cependant, j’ai été bloqué à un moment, dans la partie sud : plus de chemin, que des rochers. Je voyais un passage un peu plus loin dans la montagne mais le seul moyen que je voyais était de descendre le long du rocher. Recouvert en partie de sable, ce n’était pas une descente très stable et je ne voyais rien en dessous. J’ai du faire demi tour. J’ai croisé un couple qui se sont retrouvé aussi bloqué que moi, ce qui m’avait rassuré : je n’étais pas complètement aveugle et le chemin était réellement difficile à trouver. En remontant mon chemin, j’ai pu vérifier sur un plan : j’étais arrivé dans une partie “expert” sans me rendre compte. Visiblement, “expert” correspondait pour eux à l’absence d’indication dans les directions. Pas grave, j’ai fini ma randonnée en descendant sur l’ouest à environ 1,5 km au sud de Yongjang, après plus de 5 heures dans la montagne. De là, j’ai rejoint la route Poseok qui rejoignait Gyeongju quasiment en ligne droite. J’ai déambulé un peu dans la ville et je suis retourné à l’auberge après avoir marché quasiment non stop pendant plus de 9 heures. J’étais un peu sur les rotules… mais la journée avait été sympa.

 

Le lendemain, j’étais allé dans le district au nord ouest. Maps.me indiquait le début de la randonnée à un mauvais endroit. J’avais galéré pour trouver le chemin en tournant autour d’un pâté de maisons. Finalement, j’ai demandé à une petite vieille qui était dans la rue. Elle ne parlait pas anglais mais en lui montrant la carte et beaucoup de signes, elle a pu m’indiquer le bon point de départ. Le trek n’était pas vraiment dur ni long : environ 1 heure et demi dans la montagne. Mais c’était agréable, il faisait beau. La fin de la randonnée arrivait au campus de l’université. De là, j’ai rejoint le nord de la ville et j’ai passé le reste de la journée à me balader dans la zone. C’était majoritairement des ruelles qui me changeait du centre ville. En allant vers le sud, j’avais rejoint la rivière Bukcheon. Peu profonde, j’y ai vu des hérons. Je suis également tombé sur une sculpture représentant une famille de loutres au milieu de la rivière.

 

Le parc Hwangseong

C’était un parc au nord de Gyeongju relativement grand sous les arbres. Avec le soleil qui commençait à taper, le calme relatif sous les ombrages était plaisant. Il y avait pas mal d’écureuils roux et de tamias et un mémorial de la guerre de Corée à la pointe nord est.

 

J’aurai pu voir beaucoup plus de choses comme les temples Baengnyulsa et Guilbulsa,  l’étang Anapji et son palais Donggung ou plus loin au sud ouest, la grotte Seokguram et le temple Bulguksa, sur le flanc du mont Toham. Mais j’avais une certaine lassitude et j’ai préféré plutôt marcher au hasard, à suivre mes pieds. J’avais toujours les soucis de CB avec Monabanq et j’avais de gros problèmes avec les sauvegardes de mes photos qui me prenaient pas mal de temps pour les résoudre. Le 2ème jour, j’avais passé près de 4 heures à récupérer des photos perdues. Bref, je sentais que j’avais besoin d’une pause dans mon voyage.

J’ai repris le train au matin du 3ème jour, direction Busan.

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